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28/02/2013

Pauvres de nous / Ben Lewis 2012

Du Néolithique à la crise actuelle du capitalisme, une histoire de la pauvreté éclairée par les propos d’experts renommés.

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Ben Lewis, documentariste britannique

 


plus sur ben lewis   http://www.benlewis.tv/


 

26/02/2013

30 ans de guerre au nom de dieu / Thomas Johnson 2011

 

‘’l’histoire moderne a montré à maintes reprises que les alliances du trône te de l’autel ne peuvent que discréditer les deux.’’  Hanna Arendt

 

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Thomas Johnson, né en 1955, grand reporter et auteur réalisateur de films documentaires français

 

 

 

 

source blogapares  http://www.blogapares.com/

27/01/2013

Idle no more / Simon Jodoin 2013

 

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Idle no more est un mouvement national autochtone regroupant des Pekuakamiulnuatsh, des Atikamekws, des Innus de la côte nord et des québécois qui s’opposent au projet de loi fédéral C-45 et C-48 qui modifie notamment la loi sur la protection de la navigation, la loi canadienne sur l’évaluation environnementale et la Loi sur les Indiens sans consulter les Premières Nations … Mais ceci concerne tous les autochtones et non-autochtones de ce pays, pour l’avenir de la population canadienne/québécoise.

Le mouvement débute le 11 décembre 2012 lorsque la cheffe crie Theresa Spence de la réserve d’Attawapiskat dans le Nord de l’Ontario (Canada) entreprend une grève de la faim dans un tipi implanté sur l’île Victoria (Rivière des Outaouais), à Ottawa, pour mettre fin à l’inaction et l’inertie des relations difficiles entre l’État du Canada et les Premières nations (qui vivent toujours malgré les nombreuses promesses dans des conditions déplorables )... Elle exige une rencontre avec le premier ministre Stephen Harper. Ce qu’il refuse pendant 24 jours.

Idle No More  - jamais PLUS l’INACTION - a été lancé par quatre femmes: Nina Wilson, Sylvia McAdam, Jessica Gordon et Sheelah McLean pour attirer l’attention sur l’impact de cette loi omnibus «non seulement sur les Autochtones, mais également sur les territoires, l’eau et tous les citoyens canadiens», lit-on sur le site Web du mouvement. »

C’est un mouvement de la base, qui vient du peuple. -

Des manifestations de plus en plus nombreuses viennent appuyer les revendications portées par la gréviste de la faim partout au Canada et au Québec, jusqu’en Gaspésie et sur la Côte Nord, au Saguenay Lac-St-Jean

d’après Michaël Paul


plus sur Idle no more ici &

 

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Simon Jodoin, journaliste canadien, rédacteur en chef et directeur du développement des nouveaux médias au Voir, ‘’poète du dimanche et polémiste de fin de semaine.’’

 

Idle No More: Mécanique amérindienne

 

Je ne crois pas vous avoir déjà raconté que j’ai été, dans une autre vie pas si lointaine, amateur de mécanique. Ma blonde et moi avions acheté ce que nous appelions un toaster, un de ces vieux camions Volkswagen Type 2 transformés en sortes de résidences pour campeurs. J’adorais ce camion qui était en soi un hobby, non pas pour se balader, mais bien pour le garder garé derrière la maison et le reconstruire de A à Z. J’exagère à peine.

C’est à cette époque que j’ai appris la signification du mot anglais idle.

Idle… comme dans Idle No More.

En mécanique, donc, l’idle est la vitesse de rotation d’un moteur au moment où il n’est pas couplé à la transmission et se trouve donc ainsi sur le «neutre». Dès que vous êtes arrêté, au feu rouge par exemple, votre moteur est sur l’idle. À l’époque glorieuse où les véhicules étaient munis d’un carburateur, il fallait ajuster l’idle, ce qui relevait presque de l’alchimie. Le moteur devant tourner sur lui-même par sa propre force, avec une alimentation autonome puisque vous n’appuyez pas sur l’accélérateur, il faut bien doser le mélange d’air et d’essence… Pas trop riche, sinon le moteur étouffe, mais pas trop pauvre, sinon il chauffe.

Et surtout, pas trop lentement… Sinon, au moment d’embrayer, ça donne des coups et vous risquez de «staller», comme on dit en latin. N’en doutez pas, l’idle nécessite un ajustement de haute précision.

J’ai l’air très cultivé, comme ça, à vous parler de mécanique, mais je dois aussi vous dire que je ne connais rien à la question amérindienne. Pantoute. J’ai le vague sentiment de ne pas être le seul chroniqueur à être assez fourré devant ce problème complexe. Rares sont ceux qui dépasseront ce constat banal, d’ailleurs: c’est compliqué. Les autres y iront des bons vieux clichés à propos de l’alcool et du tabac, des casinos, des routes barrées, et du type masqué qui regardait le militaire dans les yeux sans bouger.

Et du fric aussi. On leur en donne du fric. On leur en pique aussi.

La Presse en parlait cette semaine d’ailleurs. Du fric. C’est bien beau, être pauvre et rouler sur le neutre, mais punaise de morbleu, ils ne savent pas gérer le fric qu’on leur donne! Imaginez-vous donc. La journaliste Louise Leduc rapportait à ce sujet l’étonnement de Stephen Harper à propos des finances d’Attawapiskat: «Le premier ministre Stephen Harper s’était demandé tout haut comment une telle pauvreté était possible alors que 90 millions de dollars avaient été investis en six ans dans la communauté, soit environ 52 000$ par habitant.»

Attendez, là, un peu… Où allez-vous, monsieur le premier ministre, d’un pas si guilleret avec votre étonnement à la suce-moi-le-gros-orteil? Faisons un calcul simple. 52 000$ par habitant en 6 ans. Ça nous donne 8666$ en moyenne par personne, donc, pour gérer une communauté déjà dans la dèche, loin de tout, plus loin que ça encore en fait, dont certains membres n’ont pas d’eau, pas de chauffage, pas d’éducation, une communauté bourrée de problèmes sociaux.

Vous savez quoi? Donnez donc 8666$ de hot-dogs par sans-abri au père Pops pour Le Bon Dieu dans la rue… Eh bien, je vous garantis que dans 50 ans, il va encore être dans la rue, le bon Dieu. Dans mille ans aussi.

Seriez-vous en train d’essayer de m’enculer avec un spin épais, monsieur le premier ministre? Parce que je sens quelque chose me grouiller dans le derrière quand vous sortez ce genre de chiffres.

Vous voyez, même moi je me suis fait prendre au piège des clichés et du fric. C’est parce que je n’y connais rien. Je vous avais prévenu.

Parce que c’est compliqué, l’idle. C’est un ajustement précis. Le mélange air/pétrole… Toujours le mélange air/pétrole.

Et l’idle, ça ne sert à rien d’autre qu’à faire rouler le moteur en attendant d’embrayer pour aller quelque part. Un moteur qui ne fait que tourner sur lui-même ne sert à rien. Il remplit sa fonction lorsque le véhicule nous permet de nous déplacer.

À ce titre, le nom du mouvement Idle No More est très bien choisi et permet peut-être d’évoquer le problème le plus profond dans toute cette mécanique amérindienne: Où voulons-nous aller? Que voulons-nous transporter? Quels voyages voulons-nous faire ensemble?

Est-ce qu’on embraye un peu? Au début des années 1990, c’était Davis Inlet. Vous vous souvenez de Davis Inlet? Moi non plus. C’est nulle part, Davis Inlet. C’est plus loin que le Laos et je vous gage drette là que plus de Canadiens ont visité Luang Prabang que Davis Inlet. Davis Inlet, comme tous les lieux où vivent les Amérindiens, même quand c’est à côté, c’est toujours plus loin que le Laos. C’est toujours un peu nulle part, si bien qu’on n’y va jamais. On se contente des cartes postales d’enfants morts d’avoir sniffé de l’essence. Ça nous fait des souvenirs à oublier.

Idle No MoreCe n’est pas le slogan d’une cause amérindienne. Ça veut dire: «Pèse su’l gaz, le gros, parce que c’est encore loin…» 

 

Source Voir Montréal  

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